• "Swiss Swiss Democracy" de Thomas Hirschhorn fait polémique en Suisse

    Sur la photo:Thomas Hirschhorn, Künstler

    "Swiss Swiss Democracy" de Thomas Hirschhorn fait polémique en Suisse

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    L'exposition présentée au Centre culturel suisse à Paris entend "déstabiliser la bonne conscience".

    Visiblement, nombre des visiteurs du Centre culturel suisse, rue des Francs-Bourgeois à Paris, étaient venus, mercredi 8 décembre 2004, pour juger si, comme le prétend le parlementaire helvétique Peter Bieri, démocrate-chrétien (PDC), l'exposition de Thomas Hirschhorn, "Swiss Swiss Democracy", donne une "image méprisante de la Suisse à l'étranger".<script language="javascript"></script> Le sénateur est le fer de lance d'une polémique qui a conduit le Conseil des Etats (Chambre haute) à ramener, par 24 voix contre 13, mardi 7 décembre, la subvention de la Fondation Pro Helvetia (qui finance l'exposition), de 34 à 33 millions de francs suisses (22,20 à 21,55 millions d'euros).

    Hirschhorn, après les élections législatives d'octobre 2003, avait déclaré qu'il ne présenterait plus ses œuvres dans son pays, pour protester contre l'arrivée au gouvernement du leader populiste de l'Union démocratique du centre (UDC), Christoph Blocher, devenu ministre de la justice et de la police. Son exposition, qui a ouvert ses portes le 4 décembre, entend "déstabiliser la bonne conscience démocratique". "On vote sur tout et n'importe quoi. Je ne dis pas que c'est mal, je dis que c'est trop", résume l'artiste en faisant allusion à des référendums comme ceux qui ont rejeté la naturalisation simplifiée pour les étrangers de deuxième et troisième générations (Le Monde du 28 septembre) ou autorisé l'internement à vie des délinquants sexuels ou violents.

    Jusqu'au 31 janvier 2005, du mardi au dimanche de 11 heures à 21 heures, Thomas Hirschhorn "tient le siège" du Centre culturel suisse, avec quelques invités ; c'est le spectacle burlesque de 19 heures, Guillaume Tell, mis en scène par Gwenael Morin, qui fait scandale. On y voit un acteur "lever la patte" sur un portrait de Christoph Blocher, tel un chien qui s'apprête à uriner.

    Le 5 décembre, le quotidien Le Matin a allumé la mèche avec un compte-rendu du spectacle, suivi par Blick, le quotidien (en langue allemande) le plus vendu en Suisse. Les parlementaires du Conseil des Etats, menés par Peter Bieri, ont sanctionné Pro Helvetia sans avoir vu le spectacle. "Alors que le monde entier envie notre système de démocratie directe, je trouve déplacée de voir notre démocratie salie, dénaturée, dans le cadre d'une exposition subventionnée", s'est indignée la radicale vaudoise Christiane Langenberger. La gauche s'est opposée à la coupe budgétaire mais "se garde bien de vanter l'exposition", rapporte Le Temps du 8 décembre.

    Pour l'artiste, cette affaire est "la démonstration même des défaillances de la démocratie". Le directeur du Centre culturel suisse, Michel Ritter, fait mine de rester calme : "La Suisse brûle, il paraît... Une institution comme la nôtre a pour mission de présenter la Suisse et ses artistes. Thomas Hirschhorn est l'un des plus présents sur la scène internationale." La Fondation Pro Helvetia n'a pas souhaité commenter le vote du Conseil des Etats. Le Conseil national (Chambre basse) doit se prononcer à son tour, jeudi 16 décembre.

    Clarisse Fabre

    LE MONDE | 10.12.04 | 15h22

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.12.04

  • Commentaires

    1
    Karlotox
    Dimanche 26 Décembre 2004 à 02:41
    J'aime beaucoup !
    Un blogg intéressant et un beau et simple design. J'aime beaucoup !
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