• TENDANCE - couleurs

     La mode sous influence chromatique

     

      Louis Vuitton

     

     

     

     

     Mango

     

     

     
    Burberry Prosum 

     Prada  

    <script language="JavaScript"></script><script language="JavaScript1.1"></script><script src="http://www.smartadserver.com/call/pubj/445/3201/136/S/7764911667/target?"></script>

    Il y a ces couleurs qui vous vont à ravir – et celles qui ne vous vont pas du tout –, les couleurs de circonstance – très codées –, celles de jour ou du soir... Et puis, il y a les couleurs «à la mode». Le 17 novembre, dans le cadre du parcours de la couleur, une conférence intitulée «Fashion Colors» sera consacrée à ces coloris qui animent le paysage du style, de la mode à la beauté, à la déco ou au design. Des pigments qui rythment l'univers des consommateurs puis disparaissent aussi étrangement qu'ils étaient apparus. Pourquoi ? Comment ?

    Genèse des couleurs qui font la mode.


    A l'origine, la couleur est bien moins un phénomène de mode qu'un marqueur social comme le rappelle Michel Pastoureau dans son Dictionnaire des couleurs de notre temps (Bonneton, 1999). D'où ces débauches d'étoffes précieuses et chatoyantes, signes de pouvoir, au port très réglementé, plébiscitées par les monarques de l'Europe médiévale. Aujourd'hui, selon Edith Keller, directrice du bureau de tendances Carlin International, c'est un signifiant sociologique qui «traduit l'air du temps, l'humeur de la société». Son travail consiste à anticiper les attentes des consommateurs deux ans à l'avance afin d'aider les fabricants à bâtir leurs collections. Elle cite en exemple le rose qui envahit toutes les boutiques de mode, les grandes chaînes de diffusion, s'applique au packaging des parfums tels Very Irresistible de Givenchy, Miracle de Lancôme... «C'est devenu une couleur transversale, qui s'étend à tous les domaines», continue Edith Keller.


    Pourquoi le rose ? «Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, on sentait un véritable désir de joie, de bonne humeur, d'enfance, rappelle-t-elle. Les tenues se portaient déjà plus colorées. Réapparaissaient des valeurs oubliées telles que le romantisme. Et très vite est arrivée la mode des dessous dessus, cet esprit lingerie porté le jour. Or quelle couleur pouvait symboliser ce grand retour de la féminité, si ce n'est le rose ?» Qui fut donc prescrit pour les collections de l'année 2002 dans les cahiers couleurs des bureaux de tendances. Avant même de parler de tissus ou de la forme des vêtements, ces bibles compulsées par les professionnels de la conso donnent le ton. Ensuite, ça prend ou pas. Les «feed back» des ventes sont très utiles pour avoir la réponse.


    «Imaginez la suite : convaincus, tous créent des produits monochromes, ne serait-ce que pour ne pas passer à côté de la tendance, les consommateurs voient la même couleur partout, dans les boutiques, les publicités, alors naturellement ils en ont envie», continue Dominique Cuvillier. Secrétaire général du Comité français de la couleur, ce dernier note, par ailleurs, l'impact médiatique de certains créateurs qui peuvent à eux seuls lancer des tendances : «Ils sont à la fois «influenceurs» et influencés, puisqu'eux-mêmes sont dans l'époque.» Historienne de la mode, Catherine Ormen insiste sur le rôle de la presse : «Les magazines les plus branchés font partie des sources d'information des bureaux de tendance. Quant aux journalistes des magazines de mode, qui connaissent les collections six mois avant la saison, elles plébiscitent dans leurs pages tel produit ou tel autre. C'est un bon indicateur pour les marques qui peuvent décider de ne pas commercialiser certains produits s'ils n'ont pas plu.»


    D'où la difficulté de ne lasser ni les journalistes, ni les clients. «Il s'agit de faire vivre cette couleur mode, non seulement en fonction de la marque qui l'adaptera à sa cible, mais aussi de la faire évoluer et l'adapter toujours à l'air du temps», reprend Edith Keller.

    Du parme, on est passé au chamallow, puis aux acidulés qui donnent de la fraîcheur au printemps prochain. «Pour l'été 2006, on note un regain d'esprit champêtre, un besoin de s'accorder des moments volés, des rêves éveillés, baignés dans une nature douce et joyeuse, le rose, comme les autres teintes, devraient prendre des tonalités tisane.»


    Puis un jour, on en a assez. «Bientôt, on en aura marre du rose, son exploitation sera devenue bien trop excessive, explique Dominique Cuvillier. Qu'à cela ne tienne, d'autres couleurs tentent déjà de prendre la relève», souligne Edith Keller : «Le bleu canard ou pétrole est une déclinaison du turquoise qui a bien fonctionné les saisons précédentes parce qu'il traduit bien ce besoin d'optimisme, cette fascination très actuelle pour les éléments vitaux tels que l'eau ; les bronzes sont une déclinaison du rouge et correspondent à notre envie de séduction et de mise en scène.»

     Catherine Maliszewski

    Le Figaro, 15 novembre 2004


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :